Requiem for a dream

Requiem for a dreamHarry Goldfarb, un junky vaque pour trouver sa dose quotidienne. Entre son pote et sa copine, tout n’est que drogue et fix… et toute leur vie se résume à chercher la prochaine dose.
La mère de Harry, elle, est conditionnée par la télévision. Son rêve d’y participer un jour la pousse à entamer un régime draconien qui vire au cauchemar.

Après l’undergroundesque Pi, Darren Aronofsky signe ici une œuvre à ne pas mettre entre toutes les mains. Son style unique rend le film plutôt difficile à voir, comme si un coup de poing vous frappait au visage. 2 heures de martelage pour un film dont on ne peut sortir indemne.

Dit comme cela, ‘Requiem’ peut faire peur ; à raison. Il ne plaira pas à tout le monde et ce n’est pas son but.

Cela n’empêche en rien le fait que la force du style, du sujet, et de l’interprétation m’ont touché. Car il faut le dire, l’utilisation de tous les éléments visuels et auditifs sert profondément l’histoire. Certain ont souvent tendance à crier à la facilité lorsqu’un réalisateur utilise des effets stylistiques un peu poussés. ‘Requiem’ en est bourré, mais arrive à mêler fond et forme pour toucher le spectateur.

Le thème de la dépendance et de la drogue, récurrent au cinéma, est ici traité sous un jour un peu nouveau. La déchéance et le plaisir souvent traités sont ici accompagnés de la routine. Les mêmes gestes toujours, encore et jusqu’à la prochaine fois.
La drogue n’est plus vraiment le thème du film, mais c’est l’accoutumance à tous types de drogue. Ce n’est plus la substance, c’est le geste qui importe ici. L’esthétique très clipée et très particulière d’Aronofsky permet d’apporter quelque chose de fort et de différent. La drogue est perçue différemment et le film perd du même coup le côté moralisateur qu’ont parfois les productions prenant pour sujet la drogue.

Les relations humaines sont aussi extrêmement intenses. La relation mère-fils, touchante, donne une dimension réelle au junky. Sa relation destructo-amoureuse avec Marion le complète. Tyrone est plus un compagnon de galère dans le cercle vicieux vers lequel il se précipite.

Cette fragile mais extrêmement forte construction du récit tient bien sûr énormément aux acteurs. Les femmes sont à l’honneur, avec une Ellen Burstyn émouvante ; dans un rôle très différent, mais tout aussi difficile, Jennifer Connelly fait vibrer par sa souffrance.

Aronofsky propose un film dur sur la drogue. Extrêmement glauque, il a pour avantage une esthétique exceptionnelle et un nouveau point de vue sur un sujet maintes fois traité sur grand écran. La patte d’Aronofsky se voit ici confirmée par une œuvre riche et complète, traitant d’un sujet difficile avec le côté novateur que l’on attendait. Sans aucun doute une réussite, à ne pas conseiller à tout le monde néanmoins.

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